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René
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MessageSujet: Actualités Gay 16   Ven 27 Mai - 8:00


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René
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MessageSujet: Re: Actualités Gay 16   Lun 30 Mai - 8:45

La France rejette nettement le traité constitutionnel européen
AFP 30.05.2005 - 7:46

Les Français ont massivement rejeté dimanche le traité constitutionnel européen, avec 54,87% de non, provoquant la consternation du reste de l'UE, et ouvrant avec deux ans d'avance la bataille de l'élection présidentielle.

Les partenaires européens de la France ont souhaité malgré tout la poursuite du processus de ratification. La réponse des Français est d'autant plus forte que la participation de 69,74% - identique à celle de Maastricht en 1992 - place ce référendum parmi les scrutins qui ont le plus mobilisé depuis une dizaine d'années.

Très rapidement, le président Chirac a déclaré vouloir en "tenir compte", laissant présager un changement de gouvernement. Il a confirmé sa volonté d'imprimer "une impulsion forte", annonçant des décisions "dans les tout prochains jours".

Ce qui n'a pas empêché divers leaders de droite (MM. de Villiers et Le Pen) et de gauche (MM. Ayrault et Mélenchon) d'appeler le chef de l'Etat à démissionner.

Le Président a implicitement confirmé son refus de se démettre en affirmant qu'il "défendrait les positions de notre pays" lors du Conseil européen du 16 juin à Bruxelles.

Alors que de nombreux ministres ont appelé à se rassembler derrière le chef de l'Etat, les chefs de file de l'UMP et de l'UDF ont semblé déjà prendre position en vue de la présidentielle de 2007.

Nicolas Sarkozy a estimé que les "Français nous appellent à des remises en cause profondes, rapides et vigoureuses". "Cela suppose un tournant majeur dans nos politiques économiques et sociales", a-t-il ajouté.

De son côté, François Bayrou a demandé à M. Chirac "d'organiser la consultation nécessaire" et "la confrontation des forces vives", estimant qu'un changement de Premier ministre ne suffisait pas.

Dans la perspective de la bataille qui se dessine, Renaud Donnedieu de Vabres (Culture) utilisait une formule choc: il faut "une équipe solide car ça va cogner".

Dans le camp adverse, au PS, 2007 était aussi dans toutes les têtes. Apparaissant comme le vainqueur à gauche, Laurent Fabius, le n°2 du parti, est resté silencieux, réservant ses commentaires pour le 20h00 de TF1, lundi soir. Mais un de ses lieutenants, Claude Bartolone est monté au créneau, défendant la "crédibilité d'homme d'Etat" de l'ancien Premier ministre.

Principal défenseur du oui, le premier secrétaire du PS, François Hollande, a regretté "le rejet du traité" mais l'a interprété comme "le rejet du pouvoir", appelant la gauche à se rassembler derrière "un projet crédible et mobilisateur" pour 2007.

Henri Emmanuelli, un des leaders socialistes du non, a jugé nécessaire de "pratiquer une primaire" à gauche "pour éviter le drame de 2002".


Beaucoup de responsables socialistes évoquent désormais ouvertement un congrès anticipé "à l'automne". Le n°1 socialiste s'est contenté de promettre que "les militants auront le dernier mot".

La victoire du non a été acquise par une puissante, bien qu'hétérogène, mobilisation de forces politiques et sociales allant de l'extrême-droite à l'extrême-gauche en passant par les mouvements altermondialistes, associatifs, syndicaux et une partie du PS.

Selon une enquête Ipsos, le résultat a été avant tout provoqué par un mécontentement sur la situation économique et sociale française, et ensuite par une volonté de rejet d'un projet jugé trop libéral.

Le vote non concerne d'abord les catégories à faible pouvoir d'achat (ouvriers, employés, artisans, agriculteurs) et davantage les zones rurales, une situation qui pousse les syndicats à revendiquer "un sursaut dans le secteur social", selon les termes de François Chérèque (CFDT).

Géographiquement, le vote non a nettement dominé le nord et le midi, le vote oui l'emportant en région parisienne, dans l'ouest (Bretagne et Pays-de-Loire) et en Alsace, ou encore dans les DOM.

A Paris, à contre-courant du reste de la France depuis près de dix ans, le oui a recueilli 66,45% des suffrages, mieux qu'à Lyon (61,35%). En revanche, les Marseillais ont voté non à 61,17%.

Même s'il n'est pas une surprise, le choix exprimé par les Français inquiète les partenaires européens de la France.

Romano Prodi, ex-président italien de la commission européenne, et le Premier ministre néerlandais, Jan Peter Balkenende, ont exprimé leur déception, le second invitant ses compatriotes à ne pas imiter les Français, mercredi, lors de leur propre consultation.

D'autres dirigeants insistaient sur la nécessité de poursuivre le processus de ratification, à commencer par le président actuel de l'UE, le luxembourgeois Jean-Claude Juncker, rejoint par les dirigeants allemand Schröder et espagnol Zapatero.
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René
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MessageSujet: Re: Actualités Gay 16   Lun 30 Mai - 8:49

Le "non" français suscite la consternation dans l'UE
AFP 30.05.2005 - 7:27

La victoire du "non" à la Constitution européenne en France a semé la consternation dimanche parmi les responsables des 25, qui ont tenté tant bien que mal de dédramatiser la crise et plaidé pour la poursuite de la ratification du traité dans les autres pays de l'UE.

Romano Prodi, leader de l'opposition italienne, prévoit "une crise politique majeure au sein de l'Union européenne" après la victoire du non en France, dans un entretien lundi à France Soir. L'ancien président de la Commission européenne estime également que ce rejet du Traité "pourrait également avoir des répercussions importantes au niveau des relations entre l'UE, la Chine et les Etats-Unis", car "comment les Etats-Unis et la Chine pourront-ils envisager de discuter sérieusement avec un partenaire qui, en rejetant la Constitution, refuse la notion d'une Europe véritablement unie ?". A propos d'éventuelles retouches du texte du Traité, il assure que "parler à ce stade de rénégociations au nom du social ou du politique (lui) semble une tromperie".

Romano Prodi reconnaît toutefois qu'il aurait "préféré que certains aspects du traité soient modifiés comme, par exemple, la question de l'unanimité qui a été introduite sur de nombreux points et notamment le processus de révision de la Constitution".


"Nous sommes déçus (...) mais le processus de ratification continue et ce résultat donne une raison de plus aux Néerlandais de voter oui", a déclaré le Premier ministre ministre néerlandais Jan Peter Balkenende. Il a appelé ses compatriotes, qui voteront mercredi lors d'un autre référendum à haut risque, à ne "pas prendre de leçon des Français" et "faire leur propre choix" sur le traité constitutionnel. A trois jours du le non français a eu l'effet d'une douche froide pour les pro-Constitution.

Mais le Premier ministre Jan Peter Balkenende a appelé ses concitoyens à ne pas se laisser "donner de leçon" et à voter oui mercredi. "Nous respectons l'opinion de la majorité des Français", a déclaré le Premier ministre néerlandais lors d'un bref point de presse. "Le processus de ratification continue. C'est une raison de plus pour dire oui au Traité constitutionnel car cela signifie le progès", a poursuivi M. Balkenende. Il a encouragé les Néerlandais à se faire leur propre opinion en vue du référendum qui doit avoir lieu aux Pays-Bas mercredi. M. Balkenende a imputé le résultat en France à "une situation interne".

Le non français est "un revers pour le processus de ratification la Constitution mais pas sa fin", a déclaré le chancelier allemand Gerhard Schröder. "Ce n'est pas non plus la fin du partenariat franco-allemand dans et pour l'Europe", a-t-il ajouté. "Le non français signifie de graves problèmes dans le processus de l'adoption du traité constitutionnel, mais ne devrait pas freiner le processus de l'intégration", a renchéri le président polonais Aleksander Kwasniewski.

Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero est tombé d'accord avec le président français Jacques Chirac pour dire que l'Europe "surmontera cette période de crise, comme elle en a surmonté d'autres au cours de son histoire", selon son porte-parole. "L'issue du référendum français ne peut être considérée comme un vote contre l'Europe", a estimé le Premier ministre belge Guy Verhofstadt, pour qui "il ressort de la motivation de nombreux Français ayant voté non qu'ils ne veulent pas moins d'Europe, mais bel et bien davantage d'Europe". Plus amer, son ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht a déploré pour sa part "une sérieuse défaite" pour la construction communautaire, qui risque de "passer par une mauvaise période".

Le non français place l'Union européenne face à "de grands défis", a reconnu lui aussi le chef de la diplomatie allemande Joschka Fischer. Le président italien Carlo Azeglio Ciampi a appelé à un effort accru de propositions pour surmonter ce "coup d'arrêt".


Président en exercice de l'UE, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, a affirmé sans surprise à Bruxelles que "la ratification de la Constitution européenne doit se poursuivre", mot d'ordre repris un peu partout parmi les 25. "La France a voté et la France a dit non... Nous en avons, je dois le dire, le coeur gros mais nous en prenons acte", a dit M. Juncker. "Nous regrettons ce choix venant de la part d'un Etat membre qui est depuis 50 ans l'un des moteurs essentiels de la construction de notre avenir commun", a-t-il ajouté.

"Le traité n'est pas mort", a néanmoins estimé Jean-Claude Juncker, dans une déclaration commune avec les présidents de la Commission et du Parlement européens, José Manuel Durao Barroso et Josep Borrell, excluant une renégociation du texte. Il a annoncé que les chefs d'Etat et de gouvernement des 25 se pencheraient sur la nouvelle donne lors de leur prochain sommet les 16 et 17 juin à Bruxelles. M. Barroso a souligné que "neuf Etats membres représentant la moitié" de la population de l'UE "ont déjà ratifié la Constitution européenne". M. Juncker, suivi par d'autres, s'est dit "perplexe" devant les raisons qui ont poussé une majorité de Français à rejeter le traité. "Le camp du non est à ce point hétéroclite que je ne sais pas comment résoudre la contradiction entre ceux qui veulent plus d'Europe et ceux qui pensent que l'Europe telle qu'elle est déjà va trop loin", a-t-il déclaré.

"C'est plus l'expression de souffrances sociales, des difficultés à s'adapter dans la mondialisation, qu'une sorte de défiance fondamentale vis-à-vis de l'Europe", a tenté d'expliquer le commissaire européen français Jacques Barrot. "Les Français doivent nous dire ce qu'ils entendent avec ce vote. Ils doivent maintenant une explication à leurs partenaires européens. Nous ne pouvons pas faire comme si rien ne venait de se passer", a rétorqué depuis Vienne la ministre des Affaires étrangère autrichienne Ursula Plassnik.

Une note discordante est venue en revanche du chef de la diplomatie britannique. Jack Straw a laissé planer le doute sur le maintien ou non du scrutin sur la Constitution prévu au Royaume Uni l'an prochain. "Nous avons besoin d'une période de réflexion", a-t-il dit, faisant valoir que le vote français posait "de sérieuses questions pour tout le monde sur la future direction que doit prendre l'Union européenne".
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MessageSujet: Re: Actualités Gay 16   Lun 30 Mai - 8:59

Le triomphe du non bouscule l'état-major socialiste
AFP 30.05.2005 - 7:24

L'état-major socialiste était comme assommé dimanche soir par la défaite du oui et surtout par son ampleur, des dirigeants du parti parlant de "crise politique" et d'une période de grande incertitude pour le PS.

La large victoire du non remet en selle le numéro 2 du PS Laurent Fabius, qui avait plaidé pour le non. Celui-ci commentera lundi, lors du journal de 20H00 sur TF1, les résultats, qui déstabilisent le premier secrétaire François Hollande, grand vainqueur d'une consultation interne des militants en décembre dernier (près de 59% pour le oui).

Si les responsables socialistes s'étaient préparés à une victoire du non, son ampleur les a surpris. "C'est la cata", a glissé Martine Aubry. "Contrairement à 2002, c'est la défaite collective du parti", a commenté le député européen Pierre Schapira.

Confronté à un rapport de forces aussi défavorable, François Hollande s'est gardé de faire porter la responsabilité de l'échec sur les dissidents socialistes, incriminant principalement le "chef de l'Etat, qui a froissé tous ses engagements" et le Premier ministre, dont l'action est "une suite d'échecs".

"Nous ne sommes pas parvenus à dissocier la question européenne du rejet de la politique gouvernementale", déplorait Alain Bergounioux, proche de Dominique Strauss-Kahn, qui s'attend à "un grand débat" interne dans les semaines à venir.

Un Conseil national du PS - instance où les partisans de Hollande et de DSK sont majoritaires - se tiendra dès samedi prochain pour tirer les premières leçons de ce scrutin. "Tout est ouvert", jugeait, la mine sombre, le secrétaire national André Vallini, proche du premier secrétaire.

Acclamé rue de Solférino juste avant de faire sa déclaration, François Hollande s'est borné à regretter que "certains" socialistes se soient "affranchis de la règle commune" en faisant campagne pour le non. Pour Dominique Strauss-Kahn, leur "part de responsabilité est grande".

M. Hollande s'est prononcé pour "une stratégie évitant le double discours", selon qu'on est au pouvoir ou dans l'opposition.

Beaucoup de responsables
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MessageSujet: Re: Actualités Gay 16   Lun 30 Mai - 9:07

Déclaration de François Hollande
29 mai 2005

La France vient de dire « Non » au Traité constitutionnel.

Le résultat est d’autant plus net que nos concitoyens ont participé massivement à cette consultation.

C’est une décision politique majeure, et elle nous engagera pour longtemps. Elle est grave pour l’Europe qui risque d’être privée, pour longtemps, du cadre institutionnel nécessaire à son fonctionnement et à son élargissement.

Mais ce vote traduit surtout l’ampleur de la crise profonde que traverse notre pays.

Les Français ont, en effet, exprimé une nouvelle fois à cette occasion -même si ce n’était pas le moment, à nos yeux, de le faire, ils l’ont fait- leur colère et leur exaspération à l’égard d’un Chef de l’Etat qui non seulement a froissé tous ses engagements, mais a refusé d’entendre les messages qui lui avaient été adressés -notamment lors des élections régionales, cantonales et européennes du printemps dernier. Exaspération et colère aussi à l’égard d’un Premier ministre dont la politique est une suite d’échecs et dont l’intervention dans le cadre de la campagne référendaire a été une suite de contre vérités et de contre production.

Le rejet du Traité, c’est donc d’abord le rejet du pouvoir. Les Français ont traduit, à travers ce vote que je regrette mais qui est là, leur insatisfaction par rapport à la situation économique et sociale, le chômage qui ne cesse de progresser, le pouvoir d’achat qui ne cesse de se réduire. Ils ont exprimé leur inquiétude par rapport à l’avenir, dont l’Europe a été injustement considérée comme responsable.

Les socialistes, et j’en suis fier, au nom de leurs engagements européens, de leur solidarité avec l’ensemble de la gauche européenne et surtout du vote que leurs adhérents avaient exprimé dans une consultation interne, ont fait le choix de la vérité sur le Traité constitutionnel, de la cohérence, de la sincérité, en dissociant le texte du Traité du contexte de politique intérieure. Ils n’ont pas à le regretter ; ils ont simplement à tenir compte d’un vote qui est intervenu et qui traduit le malaise profond que vit notre pays.

Les socialistes ont eu d’autant plus de mal -je le reconnais- à se faire entendre que leur Parti s’est divisé, certains s’affranchissant de la règle commune. Il faut donc tirer toutes les conclusions de ce qui vient de se produire :

La droite est aujourd’hui incapable d’offrir une perspective au pays. Sa politique a échoué. Il n’y a pas d’inflexion à attendre du discours de Jacques Chirac ce soir. Il y aura un changement de gouvernement, mais nous n’avons aucune illusion sur le gouvernement qui succèdera à celui de Jean-Pierre Raffarin. Il poursuivra la même politique, hélas, avec les mêmes résultats. Il n’y a rien à attendre non plus de la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy. C’est la même politique que celle de J.-P. Raffarin, même si elle s’appelle celle de N. Sarkozy. C’est à la gauche donc, à celle qui a voté « Oui » comme à celle qui a voté « Non », de se retrouver sur un projet crédible et mobilisateur ; c’est à la gauche de se préparer pour le changement, le vrai changement, le seul possible.

Les socialistes qui ont tenu courageusement le cap sur leur conviction doivent se rassembler, désormais, sur les orientations qui sont les leurs et sur une stratégie qui évite le double discours, les désillusions et les incantations sans lendemain. Leurs adhérents doivent avoir leur dernier mot sur les choix à venir ; et j’en prends ici l’engagement.

Enfin, il y a l’Europe. Elle ne doit pas être victime du désordre intérieur français, de la droite française et du malaise profond de notre pays. Elle doit redevenir une espérance pour les peuples et non une source de méfiance. Là encore, c’est aux socialistes -socialistes français, socialistes européens- d’être au rendez-vous de ce grand défi du continent, aux socialistes français d’être là pour leur pays pour lui donner une perspective, un sens, une direction, un espoir et de faire, demain, gagner la gauche sur un projet qui devra être crédible, mobilisateur et sincère.
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MessageSujet: Re: Actualités Gay 16   Lun 30 Mai - 9:18

Le PS entre guerre ouverte et retrouvailles forcées
Reuters 30.05.2005 - 7:21

par Laure Bretton

PARIS (Reuters) - Trois ans après le séisme du 21 avril, la victoire du "non" à la Constitution européenne fait de nouveau entrer le Parti socialiste dans une zone de turbulences majeures à l'heure où il doit se préparer pour la prochaine élection présidentielle.

Pour François Hollande, premier secrétaire et chef du "oui" socialiste, le rejet du traité constitutionnel sonne comme une défaite personnelle au terme d'une campagne où il avait pourtant reçu le concours de l'ensemble de la gauche européenne et de l'ancien Premier ministre Lionel Jospin.

Dès l'annonce des résultats, il a appelé les socialistes à se "retrouver" en vue du "seul changement possible" en 2007.

Mais les petites phrases assassines des uns et des autres, pendant la campagne et la soirée électorale, laissent penser que les retrouvailles seront au mieux très difficiles.

Face à François Hollande, Laurent Fabius voit confirmé par les urnes son virage sur la gauche et l'extrême gauche, entamé à l'occasion du référendum interne.

Après avoir voté dans sa circonscription en Seine-Maritime, l'ancien Premier ministre de François Mitterrand a choisi d'attendre lundi pour s'exprimer sur les résultats du référendum.

Pour son lieutenant Claude Bartolone, le numéro deux du PS a apporté au "non" sa "crédibilité d'homme d'Etat".

En décembre, les militants du PS avaient approuvé la Constitution européenne à plus de 58% lors d'un référendum interne. Selon les premiers sondages, c'est quasiment l'inverse qui s'est produit dimanche, près de 56% des sympathisants socialistes optant pour le "non" - 58% d'après Henri Emmanuelli.

Le député des Landes s'est empressé de réclamer un "programme de législature impliquant tous les partis de gauche qui le souhaitent".

L'ancien premier secrétaire du PS a également souhaité l'organisation d'une primaire pour désigner le futur candidat de gauche à la présidentielle de 2007 afin de ne pas subir de nouveau une "débâcle" comme celle du 21 avril 2002, "dont nous n'avons malheureusement jamais tiré les conséquences".

"CE N'EST PAS PARDONNABLE"

François Hollande a beau avoir appelé la gauche, "celle qui a voté 'oui' comme à celle qui a voté 'non'", à se "retrouver sur un projet crédible, mobilisateur", le camp du "oui" socialiste n'a pas caché son amertume et sa colère, notamment les trois responsables du projet socialiste en vue de la présidentielle.

"Je suis sévère à l'égard de ceux qui ont joué sur (les) peurs, y compris dans mon propre camp", a commenté Dominique Strauss-Kahn.

Alors qu'elle venait de voter à Lille, Martine Aubry s'en est pris "aux gens de gauche qui ont menti, qui ont joué avec les peurs de l'autre, les peurs des faibles". "C'est honteux et ce n'est pas pardonnable", a-t-elle dit.

De son côté, Ségolène Royal a estimé que ceux qui n'avaient pas "respecté le vote" des militants socialistes avaient fait "beaucoup de dégâts".

Le "jour d'après" commence dès mardi au PS avec la réunion du bureau national, où le "non" était très représenté et dont Jean-Luc Mélenchon, Henri Emmanuelli et Laurent Fabius s'étaient tenus écartés pendant toute la durée de la campagne nationale.

Samedi prochain, le PS réunit son "parlement", le conseil national, où le "oui" est en revanche majoritaire. L'idée d'un "congrès de clarification" fait son chemin dans les deux camps même si Henri Emmanuelli a jugé qu'il ne suffirait pas à régler "l'énorme problème" qui se pose au parti.

En tout état de cause, ce sont les adhérents du PS qui auront "le dernier mot sur les choix à venir". "J'en prends ici l'engagement", a promis François Hollande, qui espère récolter les fruits de sa ligne "légitimiste".

"Ce sont les militants qui seront appelés à se prononcer dans les semaines à venir", a confirmé le porte-parole du PS, Julien Dray.

Les socialistes ont "toujours surmonté les crises auxquelles" ils étaient confrontés, a-t-il assuré, ajoutant, sibyllin, "les purges, c'était dans l'ancien temps".
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MessageSujet: Re: Actualités Gay 16   Lun 30 Mai - 9:24

Chirac prendra une décision très prochainement sur le gouvernement
AFP 29.05.2005 - 1:02

Jacques Chirac, sévèrement désavoué par la déroute du oui qu'il avait porté en première ligne, devrait tenter de sauver la fin de son quinquennat en donnant rapidement des signes de changement politique avec la nomination probable d'un nouveau Premier ministre à la place de Jean-Pierre Raffarin.

Après avoir lui-même décidé du référendum sur le traité constitutionnel européen et s'être fortement engagé en faveur du oui, Jacques Chirac va en effet devoir assumer personnellement la responsabilité de l'échec de son camp. Une défaite qui s'ajoute aux revers cinglants des régionales et des européennes en 2004 dont il n'avait pas voulu tirer les conséquences politiques.

Ce nouveau désaveu hypothèque sérieusement la fin de son quinquennat et lui laisse peu de marge de manoeuvre sur la scène intérieure comme sur la scène internationale pour les deux années qui lui restent à l'Elysée. Il paraît aussi difficilement en position de briguer un troisième mandat en 2007 face au président de l'UMP Nicolas Sarkozy qui, sans attendre, a réclamé dimanche "un tournant majeur" dans la politique du gouvernement.

Rentré dans l'après-midi à l'Elysée après avoir voté à Sarran, en Corrèze, le chef de l'Etat s'est adressé aux Français dans la soirée. Dans une allocution télévisée, il a reconnu qu'une grande partie des électeurs avait voulu sanctionner la politique économique et sociale du gouvernement. Il a ainsi annoncé qu'il entendait "répondre" aux "inquiétudes et attentes" exprimées par le non "en donnant une impulsion nouvelle et forte à l'action gouvernementale".

"Je vous ferai part dans les tout prochains jours de mes décisions concernant le gouvernement et les priorités de son action", a-t-il annoncé.

Il n'a pas évoqué explicitement un changement de locataire à Matignon, où Jean-Pierre Raffarin apparaît à bout de souffle. Mais l'hypothèse semblait dimanche inéluctable après la sévère défaite infligée par les électeurs.

Vendredi, il a longuement reçu le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin, son ministre de l'Intérieur, fidèle chiraquien considéré comme le principal favori pour succéder à Jean-Pierre Raffarin.

Le chef de l'Etat avait annoncé avant l'échéance qu'il ne suivrait pas l'exemple du général de Gaulle qui avait démissionné en 1969 après un référendum raté. Ce choix n'a pas empêché plusieurs leaders politiques de gauche, de droite et d'extrème-droite de réclamer sa démission.

Sur la scène internationale, là où il a le plus marqué son autorité en faisant entendre la voix, souvent dissonante, de la France, sa place et son poids vont aussi être incontestablement amoindris. Lui-même avait d'ailleurs mis en garde contre ce risque durant la campagne.

Mais c'est surtout en Europe que Jacques Chirac va sans doute payer le prix fort de cette défaite. La France ne sera peut-être pas sur un "strapontin" comme l'a prédit Dominique de Villepin, mais Jacques Chirac risque fort d'être vu comme le premier président français à n'avoir pas su empêcher le divorce entre la France et l'Europe.

Le chef de l'Etat a affirmé qu'il défendrait à Bruxelles les positions de la France "en tenant compte des messages des Françaises et des Français" qui se sont exprimés en faveur du non, laissant entendre qu'il plaiderait pour une inflexion sociale de la construction européenne.

Mais il a aussi concédé que le non rendra plus "difficile" la défense des intérêts français.

Au soir de ce dimanche noir, le chef de l'Etat, qui a connu lourdes défaites et formidables victoires, en quarante ans de vie publique et 10 ans de pouvoir à l'Elysée, était une nouvelle fois contraint de faire la preuve de sa maîtrise de l'art de rebondir.
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MessageSujet: Re: Actualités Gay 16   Mer 1 Juin - 9:41

Le couple Villepin-Sarkozy succède à Raffarin, Chirac veut rassembler
Dimanche 1 mai 2005 - 21:45

Le nouveau Premier ministre Dominique de Villepin et son prédécesseur Jean-Pierre Raffarin, le 31 mai à Matignon
© AFP

Jacques Chirac a nommé mardi Dominique de Villepin Premier ministre, en remplacement de Jean-Pierre Raffarin, avec comme numéro deux Nicolas Sarkozy, un choix qu'il a justifié, dans une allocution radio-télévisée en début de soirée, par sa volonté de "rassemblement".L'événement

Peu avant 19h00, François Bayrou avait annoncé son refus d'entrer au gouvernement et d'y accroître la participation de l'UDF, privant ainsi le président de la République du renouvellement de la majorité qu'il souhaitait.

"Dans un esprit de rassemblement, j'ai demandé à Nicolas Sarkozy de rejoindre le Gouvernement comme ministre d'Etat, ce qu'il a accepté", a indiqué M. Chirac.

Il n'a pas précisé si M. Sarkozy devenait bien ministre de l'Intérieur et cumulerait ce portefeuille avec la présidence de l'UMP, ce qui sera le cas, selon des sources concordantes. M. Sarkozy avait été sommé par le chef de l'Etat de quitter le gouvernement fin 2004 pour pouvoir prendre la tête du parti de la majorité.

Confirmant la nomination de M. de Villepin, M. Chirac a indiqué lui avoir demandé de "constituer une équipe unie et déterminée qui fasse toute leur place aux compétences et aux talents. Une équipe s'appuyant sur l'engagement personnel des responsables de la majorité".

La nomination de M. de Villepin a été saluée par le président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré, pour qui il s'agit du "meilleur choix que l'on pouvait faire parce que c'est un choix qui rassemble l'ensemble de la majorité".

Après son entrevue avec le chef de l'Etat, M. de Villepin s'est symboliquement rendu à l'Hôtel de Lassay, résidence de M. Debré, pour un déjeuner avec les élus UMP et UDF.

Pour sa part, M. Sarkozy a informé les groupes UMP de l'Assemblée nationale et du Sénat de son retour au gouvernement. Les députés de la majorité ont affiché leur union, mais des divergences sont déjà apparues entre chiraquiens et sarkozystes.

Pour le PS, il ne s'agit que d'un "réaménagement de l'équipe Raffarin", le PCF a dénoncé la "provocation", les Verts "l'insulte" aux Français et Philippe de Villiers "un déni de démocratie".

Lors d'une allocution dans la cour de Matignon, M. Raffarin a qualifié M. de Villepin de "successeur préféré", soulignant qu'"ici et maintenant, le fil de la loyauté n'est pas rompu". Le nouveau chef du gouvernement a rendu hommage "à l'action courageuse et déterminée" de son prédécesseur avec qui il s'était entretenu pendant plus d'une heure.

Comme à chaque changement de gouvernement, rumeurs et pronostics allaient bon train sur la composition du cabinet Villepin. Selon des sources proches de la majorité, l'unique ministre UDF Gilles de Robien devrait passer des Transports à la Justice en remplacement de Dominique Perben, qui quitterait le gouvernement ainsi que Michel Barnier (Affaires étrangères).
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MessageSujet: Re: Actualités Gay 16   Mer 1 Juin - 9:59

Composition du gouvernement: les pronostics vont bon train
Dimanche 1 mai 2005 - 20:40

Le nouveau Premier ministre Dominique de Villepin, le 31 mai 2005
© AFP

A peine Dominique de Villepin installé à Matignon et Nicolas Sarkozy annoncé par Jacques Chirac, les pronostics allaient bon train mardi dans les milieux politiques de droite, où l'on prévoyait un gouvernement resserré sans secrétaires d'Etat.

La composition du gouvernement devrait être annoncée "d'ici la fin de la semaine", a-t-on indiqué dans l'entourage du Premier ministre.

L'UDF a décidé de ne pas y entrer, a annoncé son président François Bayrou. Toutefois, Gilles de Robien, seul ministre centriste de l'équipe sortante, devrait rester mais passerait des Transports à la Justice.

Plusieurs ministres importants de Jean-Pierre Raffarin devraient partir: Dominique Perben (Justice), Michel Barnier (Affaires étrangères), Serge Lepeltier (Environnement), Brigitte Girardin (Outre-mer), Nicole Ameline (Parité), peut-être Renaud Dutreil (Fonction publique). Encore que ce dernier est donné partant pour l'Environnement... ou un autre ministère.

Parmi les anciens ministres délégués, plusieurs ne devraient pas être reconduits: François Loos (Commerce extérieur), François d'Aubert (Recherche), Claudie Haigneré (Affaires européennes), Léon Bertrand (Tourisme).

Certaines personnalités pourraient au contraire faire leur entrée dans l'équipe de M. de Villepin comme François Baroin, député-maire de Troyes et proche de Jacques Chirac (peut-être à l'Education nationale), ou Valérie Pécresse, porte-parole de l'UMP, qui prendrait la Famille ou la Parité.

Nicolas Sarkozy, qui s'apprête à devenir ministre de l'Intérieur et numéro deux, poserait notamment comme conditions que François Fillon (Education nationale) reste au gouvernement à un poste encore indéterminé, ainsi que Patrick Devedjian. Ce dernier passerait du ministère délégué à l'Industrie au ministère plein de l'Equipement et des Transports.

M. Sarkozy demanderait également l'entrée de deux ministres délégués: Brice Hortefeux à l'Aménagement du Territoire, et Christian Estrosi (non déterminé).

Parmi les poids lourds du gouvernement précédent, Thierry Breton resterait à L'Economie, Philippe Douste-Blazy (Santé) passerait aux Affaires étrangères, Jean-Louis Borloo conserverait la Cohésion sociale et aurait obtenu le maintien de ses ministres délégués (Marc-Philippe Daubresse, Nelly Olin, Gérard Larcher, Laurent Hénart).

Michèle Alliot-Marie resterait à la Défense, Renaud Donnedieu de Vabres deviendrait porte-parole, Jean-François Copé (Budget), qui occupait également cette fonction, resterait au Budget ou passerait à la réforme de l'Etat.

Xavier Darcos (Coopération) était donné partant tantôt pour la Culture, tantôt pour l'Agriculture. Mais ce dernier poste pourrait aussi échoir à Christian Jacob, anciennement ministre des Petites et moyennes industries, a moins qu'il n'hérite des Transports et de l'Equipement.

Il ne devrait pas y avoir - ou beaucoup moins - de secrétaires d'Etat, alors qu'il y en avait dix dans le gouvernement précédent. En revanche, il y aurait des "députés en mission" de six mois auprès des ministres.
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MessageSujet: Re: Actualités Gay 16   Jeu 2 Juin - 1:29

Villepin se présente en chef de la "bataille pour l'emploi"
Mercredi 1 juin 2005 - 23:07

Le nouveau Premier ministre Dominique de Villepin, sur le plateau du JT de TF1, le 1er juin 2005
© AFP

Le nouveau Premier ministre Dominique de Villepin a affiché mercredi un message volontariste avec une priorité, la "bataille pour l'emploi", et une devise "action et résultat", et a promis, en "pragmatique", de travailler en harmonie avec Nicolas Sarkozy.L'événement

Dans sa première intervention devant les Français, sur TF1, depuis sa nomination mardi à Matignon en remplacement de Jean-Pierre Raffarin, il a pendant dix minutes donné un avant-goût de la tonalité qu'il entend imprimer à sa "mission".

"Nous n'avons pas tout tenté contre le chômage. Il n'y a pas de fatalité. Le grand combat que nous allons mener (...) c'est la bataille pour l'emploi (...) et je vais la mener personnellement", a déclaré sur un ton presque martial, ce grand admirateur de Napoléon.

Vêtu d'un costume, d'une chemise et d'une cravate aux différentes nuances de bleu, le chef du gouvernement s'est voulu rassurant au lendemain de la large victoire du non au référendum européen.

Il a affirmé avoir entendu le message "d'inquiétude et d'impatience" exprimé par les Français, qui ont également sanctionné, selon les sondages, la politique sociale du gouvernement lors de ce scrutin.

Sans divulguer les remèdes qu'il entend mettre en oeuvre dès ses premiers "100 jours", et qu'il dévoilera la semaine prochaine dans sa déclaration de politique générale, ce fidèle de Jacques Chirac a promis de n'exclure aucune piste sur le front économique et social tout en préservant le "modèle français".

"Je suis un pragmatique (...) Je veux des résultats", a martelé le Premier ministre en s'engageant à "concilier solidarité et liberté d'entreprendre" et à rendre des comptes aux Français "très régulièrement".

"J'aurai recours à toutes les expériences, même si certaines ont lieu ailleurs", a-t-il souligné, sans citer les exemples scandinaves qui ont le vent en poupe mais en reprenant beaucoup des pistes tracées par son prédécesseur, l'éducation, la recherche, les pôles de compétitivité et une politique industrielle ambitieuse.

Julien Dray, porte-parole du PS, y a vu "une stricte continuité avec la gestion précédente".

Alors que les consultations se poursuivent pour la composition du gouvernement - qui doit être annoncée d'ici vendredi - et que les rumeurs vont bon train sur tel entrant ou tel sortant, M. de Villepin a promis une équipe "unie et resserrée" en s'attachant surtout à dissiper les doutes sur le duo encore inimaginable mardi qu'il va former avec le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy.

"C'est vrai nous nous sommes opposés (...) mais aujourd'hui, nous n'avons qu'un objectif : marquer des points, marquer des buts pour la France", a-t-il affirmé.

"Les querelles de personnes, je n'en veux pas. Ne comptez pas sur moi, à aucun moment pour m'y prêter", a-t-il assuré alors que jusque dans la majorité, certains s'interrogent sur la viabilité d'un tandem entre deux hommes aux ambitions bien affirmées et qui la semaine dernière encore s'affrontaient.

Handicapé, selon ses détracteurs, par le fait de ne s'être jamais frotté au suffrage universel, comme Nicolas Sarkozy le lui reprochait sans le nommer, jeudi dernier, M. de Villepin a balayé l'argument en affirmant qu'il tenait sa "légitimité" de la "mission" confiée par le chef de l'Etat.

Le nouvel hôte de Matignon démarre en tout cas, comme la plupart de ses prédécesseurs, avec un a priori favorable des Français : 58% d'entre eux jugent que sa nomination est "une bonne chose" (58%) - tout comme celle de M. Sarkozy (59%) - selon un sondage CSA à paraître jeudi dans Le Parisien-Aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: Actualités Gay 16   Jeu 2 Juin - 1:40

PS: affrontement en vue entre Hollande et Fabius
Mercredi 1 juin 2005 - 21:36

François Hollande, le 29 mai 2005 à Paris
© AFP

Un affrontement est en vue au Conseil national du PS samedi entre partisans de François Hollande et Dominique Strauss-Kahn d'un côté, de Laurent Fabius et la gauche du parti de l'autre, les deux camps tirant des conclusions différentes de la victoire du non au référendum de dimanche.

De l'issue de cette bataille dépend le maintien, à son poste de numéro 2, de Laurent Fabius, sorti vainqueur du scrutin du 29 mai qui a vu les deux tiers environ de l'électorat de gauche voter non à la Constitution européenne.

Le premier secrétaire a indiqué mercredi qu'il demanderait aux socialistes "la clarté sur l'orientation, la clarté sur les équipes, la clarté sur la stratégie".

Le camp du oui a commencé mardi à fourbir ses armes. Son travail prendra la forme d'un texte soumis au vote, confirmant pour l'essentiel la ligne du "réformisme de gauche" et désavouant les "indisciplinés", selon des membres de l'état-major du oui. Il devrait aussi, selon les mêmes sources, prévoir la convocation d'un congrès anticipé, pour l'automne.

Outre les parlementaires Jean-Luc Mélenchon et Henri Emmanuelli, Laurent Fabius est dans le collimateur des tenants du oui pour s'être répandu dans les médias contre la ligne officielle du parti en clamant son non au traité constitutionnel.

Le texte, en cours d'élaboration d'ici sa finalisation tard vendredi soir, sera sans doute impossible à avaliser par M. Fabius, sauf à avaler son chapeau, pronostiquent des responsables de la majorité du PS.

"On va avoir un texte inacceptable, donc il ne peut pas le voter, donc il sort" avec ses amis du secrétariat national, l'exécutif du parti, a prédit l'un d'eux, sous couvert de l'anonymat.

Selon l'ancien ministre Dominique Strauss-Kahn, s'exprimant dans un entretien au Monde, "il n'est pas certain que Laurent Fabius souhaite continuer" à la direction du parti comme numéro 2.

Les fabiusiens n'entendent pas se laisser faire. "Si le texte n'est pas acceptable, on votera contre", a affirmé à l'AFP l'un d'eux, le député de Seine-St-Denis Claude Bartolone. "Après, que François Hollande prenne ses responsabilités!", a-t-il ajouté. Sous-entendu: ce sera au premier secrétaire d'assumer l'initiative de la rupture.

Hollandistes et Strauss-Kahniens disposent de la majorité absolue au Conseil national, et cette instance élit le secrétariat national, sur proposition du numéro un du parti.

Il reste à sceller l'alliance entre ces deux "écuries", ce qui paraissait en bonne voie mercredi malgré une méfiance réciproque perceptible de l'extérieur. "La situation est assez grave pour ne pas ajouter la mesquinerie à la crise, nous ne voulons pas compliquer la tâche du premier secrétaire", selon le député Jean-Christophe Cambadélis, proche de DSK.

Dans un entretien au Monde, M. Strauss-Kahn marque néanmoins sa différence, en insistant lourdement sur l'impératif pour le PS de proposer "des solutions crédibles", une manière de dire que François Hollande n'a pas su concrétiser à temps la ligne du réformisme de gauche.

Pour les partisans du non au référendum, la direction Hollande est incapable de tirer les leçons du scrutin.

"François Hollande n'a rien compris. Il a fait une analyse du référendum sans jamais faire la moindre autocritique", a commenté le fabiusien François Loncle après la réunion du groupe des députés PS mardi.

Pour Vincent Peillon, dirigeant de la minorité Nouveau Parti socialiste (17% du parti), "il faut pas qu'à l'autisme de Jacques Chirac réponde l'autisme de François Hollande, que le premier secrétaire ne prenne pas la mesure de l'attente des Français et qu'il ne songe qu'à des règlements de comptes internes".
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